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14/01/2008

Portugal : le traité de Lisbonne, un canular !

Les portugais trompés eux aussi avec le traité de Lisbonne 

Le couperet est tombé au Portugal, réduisant à néant les espoirs d'une population portugaise qui osait encore comme le voudrait la logique, croire qu'elle serait impliquée dans un débat les concernant au plus haut point; celui du traité de Lisbonne.

Le premier ministre portugais José Socrates vient donc d'aller à l'encontre de l'avis de la majorité des portugais, en annonçant sa décision de faire simplement ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire et non par la population portugaise dans le cadre d'un référendum populaire.

Même maintenu atténué par quelques médias portugais complices, ce déni de démocratie a soulevé un tolé au Portugal, ne serai-ce que parce que José Socrates et son parti avaient clairement inscrit au programme qui les a conduit au gouvernement, leur engagement à réaliser un référendum sur la constitution européenne s'ils parvenaient au pouvoir. Les portugais ont donc été lamentablement trompés par un gouvernement ne respectant pas ses engagements une fois au pouvoir. Simple habitude certes de la part des politiciens de tous bords, sauf que cette fois-ci il s'agissait d'Europe, et d'un texte qui, qu'ils le veuillent ou pas, régira probablement et implicitement la vie des citoyens pendant de nombreuses décennies.

Tous les prétextes, y compris les plus fallacieux sont invoqués pour justifier cette incroyable comédie politicienne marquant une rupture définitive entre les portugais et une europe floue et louche de laquelle ils sont maintenus à distance. Si l'opinion majoritaire de la population a les moindres chances d'aller à l'encontre de celle de leurs dirigeants, on s'abstient donc de débat ! Voilà une surnoise conception de la démocratie qui ramène au Portugal des tristes odeurs des perfides années salazariennes.

Au Portugal aussi, il existera donc malheureusement désormais un fossé rendu quasi-infranchissable entre une europe régie par des textes volontairement obscurs, et des citoyens maintenus coûte que coûte les yeux bandés, éloignés d'une question pourtant sensée les concerner.

Jusqu'au dernier moment José Socrates a (probablement volontairement), donné l'impression d'encore douter de son choix, mais la position affichée par le Président portugais Cavaco Silva quelques jours avant, lui aussi en faveur de la non écoute de la population portugaise sur la question du traité de Lisbonne, ne pouvait conduire le premier ministre qu'à suivre la même voie royale, évitant ainsi un fatidique conflit, puisque le Portugal est en effet dans un état dit de cohabitation politique. 

Outre le fait d'avoir eux aussi à subir cette gigantesque farce affichée effrontément par les dirigeants des 27 pays concernés dans ce grotesque canular qualifié de "traité de Lisbonne", les portugais ont donc probablement également été les victimes des conséquences des jeux et des manoeuvres politiciennes internes. La population portugaise se voit ainsi privée de tout débat sur la "maxi constitution de Lisbonne compléxifiée" à outrance ne serai-ce que pour paradoxalement pouvoir justifier le manque de débat lui-même.

En France "on" s'est autorisé le droit de balayer d'un revers de main le NON français au texte constitutionnel pourtant acquis au suffrage universel, en osant jouer sur les mots et qualifier de "simplifié" un texte constitutionnel rendu incroyablement compléxifié et incompréhensible, et en se permettant de traiter de "mini", un texte quasi-identique au précédent mais allongé jusqu'à 256 pages !

Comme pratiquement partout ailleurs, au Portugal l'énigmatique traité de Lisbonne est perçu majoritairement comme une insulte faite aux populations. Quelques médias au Portugal se sont essayés à des tactiques grossières, consistant à essayer de faire croire aux portugais que le seul attachement du nom de Lisbonne à ce traité pourrait avoir des incidences positives pour la capitale portugaise en terme de crédibilité ou de retombées touristiques! L'injure faite à l'intelligence des peuples n'a décidément pas de limites. Les portugais n'étant cependant ni dupes ni des simples d'esprit, ont en majorité parfaitement conscience que le nom de Lisbonne demeurera au contraire synonyme de la duperie du siècle, et sera inévitablement associé à la honte de la signature empressée d'un texte rendu louche, ainsi qu'à un lamentable affront fait aux populations.

Ce traité déconsidère et galvaude le nom de Lisbonne, et attribue malheureusement à la capitale portugaise une connotation tristement négative et suspecte, puisqu'il s'agit de la plus incroyable supercherie que jamais des gouvernements dits démocratiques aient osé intenter contre leurs peuples.

Le traité de Lisbonne marque d'une pierre noire l'échec d'une Europe technocratique soutenue avec virulence par des gouvernements paniqués par l'immense et troublant fossé existant entre leur propre volonté et les désirs de la majorité de leurs concitoyens. L'UE laisse la place à un objet nébuleux aux odeurs bizarres d'eurocratie enfoncée plus encore dans l'abstraction due à l'absence de débat.

Les dirigeants politiques continueront à s'entre-déchirer dans le cadre auto-légitimé de leur énigmatique OVNI né dans l'irrespect et le manque d'écoute, sans dialogue ni débat, et donc incompréhensible et impénétrable. L'eurocratie bureaucrate étouffée par des technocrates à la compétence douteuse, persiste dans son chemin flou, sinueux et tordu, inefficace et loin des réalités, désormais plus obscurci encore par un texte signé loin des yeux du peuple, sous la seule volonté de quelques probables assoiffés de pseudo-postérité pensant ainsi laisser leur nom attaché à une quelconque histoire. Petite histoire, noire histoire, pauvre histoire, et surtout médiocre histoire, que celle d'une lamentable alliance d'intérêts entêtés allant contre la volonté des peuples.

L'Union Européenne est restée en gare de Lisbonne et le convoi moribond des gouvernements poursuivra sa route triste et ténébreuse sans les populations européennes. La messe est donc dite, y compris au Portugal. L'ultra-libéralisme ravageur et sans concessions voulu par l'alliance de l'establishment des politiciens et des médias et boosté par quelques gros intérêts économiques l'emporte au détriment du dialogue, de la recherche du bon sens et de l'harmonie.  Et le nom de Lisbonne restera malheureusement bel et bien associé à un execrable déni de démocratie, à une lamentable et inquiétante comédie politicienne à laquelle les citoyens ont été obligés d'assister impuissants et muselés.

L'Europe des citoyens est morte à Lisbonne.

Une alliance d'obscurs intérêts jusqu'ici perçue comme autoritaire et inefficace autant que floue et distante, n'a donc pas voulu faire de Europe un espace de démocratie dans laquelle les citoyens se sentent compris, respectés et concernés.

Ces derniers continueront-ils dans le futur à daigner s'impliquer pour une europe éteinte et aveugle de laquelle ils ont été volontairement éloignés ou exclus,  et à  voter lors des éléctions (dites) européennes, pour les représentants de ceux qui les ont traités avec autant de dédain et de mépris ? L'avenir le dira.

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